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Arrivée de Louis

Dimanche 5 février 2006, à 00h02, arrivée de Louis SCHEFFER, à la maternité de l'hôpital privé d'Antony.

L'évènement n'était pas une surprise, mais la date est un peu plus précoce que les calculs médicaux ne le laissaient prévoir...

Une arrivée attendue...

Espérée depuis fin avril, attendue depuis la mi-mai, en fait. Ce qui ne signifie pas pour autant que l'arrivée de Louis constitue une banalité, loin s'en faut !

Louis a commencé à signaler son envie de nous rejoindre samedi 4 février, aux alentours de 18h30. C'est ce que m'a vite fait comprendre sa maman, à qui la fréquence et l'intensité des contractions ne laissait guère de doutes : pliée en quatre toutes les deux minutes... Nous étions bien loin des 10 minutes régulières annoncées par l'hôpital lors des cours de préparation !

Après quelques instants d'hésitation, une douche chaude pour dissiper les soupçons, et une visite éclair à belle-maman et au futur oncle, nous voici partis pour Antony (il est 19h30). Et un samedi, à 19h30, il y a du monde sur l'A6... Rien de bien sérieux néanmoins. Nous arrivons aux alentours de 19h45 à Antony, où nous sommes rapidement entourés par les sages-femmes présentes. Entouré est le mot : le sourire, le ton rassurant, l'accueil qui nous est réservé contribue largement à considérer l'évènement plus sereinement, même si maman est déjà en train de passer des moments intenses.

De 3 centimètres à 20h00, l'ouverture du col passe à 5 cm à 21h45. Entre-temps, maman a décidé de profiter des services de la baignoire présente dans le service pour tenter de réduire les douleurs des contractions. Objectif partiellement réussi, de son propre aveu : elle endurera la suite des opérations avec une ténacité admirable.

à 22h45, les choses se sont accélérées : le col est à 7 cm, et les sages-femmes décident alors d'amener la maman en salle de travail. En passant, je recommande à tous les futurs parents de visiter les locaux des établissements dans lesquels ils comptent vivre ce genred évènement à l'avance. Nous savions à quoi nous attendre, et en deux minutes maman est sur la table d'accouchement, un engin d'aspect redoutable et de fonctionnement complexe, remarquablement adapté (oui, je sais, il y a des gens qui ont planché dessus...).

Le col finit de s'ouvrir, et à 23h45 les étapes décisives de la mise au monde débutent. A la grande déception de maman - et en tant que père, je peux vous dire qu'on n'est pas, qu'on NE PEUT PAS y rester insensible - cette phase s'avère nettement plus difficile à vivre que les contractions. Les sages-femmes sont pourtant ravies : un accouchement "physiologique" (euh... Mais qu'ont-elles voulu dire par là ?), sans péridurale, avec une rupture de poche des eaux juste avant l'expulsion, semble leur procurer le plaisir de vivre un moment rare. Même la sage-femme qui a dû aller se changer après que maman l'ait aspergée ne s'est pas déparée de son sourire...De notre côté, ce sont aussi des instants rares... Mais diversement appréciés. Le quart d'heure qui suit est assez chaotique, et nous finissions, au bout de dix minutes, par apercevoir une touffe de cheveux. Ce garçon en a déjà presque plus que son père ! Et pour faire passer la tête, les sages-femmes usent et abusent de savon doux. Il débute dans la vie par un shampooing comme il en aura peu.

Maman, de son côté, entre temps, manque flancher. Elle se met à douter d'elle-même, de sa capacité à le mettre au monde, elle regrette sa décision de refuser la péridurale, ... Et puis, en plus des encouragements gentils mais fermes des sages-femmes, elle entend soudain les trois spectateurs s'exclamer en choeur "ça y est, on voit ses cheveux !". A partir de là, la confiance revient. petit à petit, et en quelques minutes, le sommet du crâne du petit Scheffer est offert à la vue du monde. Ensuite, en quelques secondes, la tête bascule, le visage apparaît, et dans la foulée les sages-femmes confient le bébé à sa mère, qui l'aide à terminer son entrée dans le monde. Ouf !

Tout n'est pas fini pour autant : on coupe le cordon ombilical, tandis que maman finit d'expulser le matériel "auxiliaire" - ça, papa a toujours du mal à s'en remettre... Il est temps ensuite de remettre bébé entre les mains des sages-femmes, pour les vérifications d'usage, nettoyage des voies respiratoires, pesée (et premières photos. A faire vite, il peut se refroidir en quelques instants... 2,727 kg). Il ne battra pas le record du bébé le plus plantureux, mais il est là, en bon état, et franchement c'est bien tout ce qui nous importe !

Maman se remet doucement. Un médecin, entré cinq minutes avant, la recoud, puis nous sommes laissés seuls pendant un petit moment, le bébé posé en "peau à peau" sur sa mère, tranquille. Mince, qu'il est tranquille, ce gosse ! Quand je pense que nous nous en faisions le portrait sous un angle très "braillard", il nous prend complètement au dépourvu. Il n'ouvre quasiment pas les yeux - mais ça, on le comprend bien : passer de l'obscurité aux lumières crues d'une série de néons, ça ne vous incite pas forcément à ouvrir de grandes mirettes ! En plus, il ne bouge presque pas. Non pas qu'il nous inquiète : il a ces petits mouvements, ces changements d'expression, enfin tous les signes qui peuvent rassurer des nouveaux parents quand à la vitalité de leur progéniture. Mais une telle tranquillité... Ca reste remarquable, quand on connaît les parents !

Nous passons les deux heures qui suivent dans la salle d'accouchement, entre la première tétée, les papiers à remplir (nous sommes en France, l'administration ne perd jamais ses droits !), maman qui se remet doucement de sa douleur et de ses émotions. L'oubli tant vanté lors de tels moments ne semble pas de mise, mais elle est tout de même si heureuse avec son petit qu'elle réussit à sourire, même si la mine générale reste bien chiffonée.

Enfin, vers 2h30 du matin, tout est fini, maman est couchée, le petit à ses côtés, pour un repos plus que mérité. Je reprends mes clics et mes clacs, la voiture, et m'offre un retour tranquille jusqu'à la maison, avant une paire de coups de fil destinés à rassurer la grand-mère et l'oncle qui furent les témoins involontaires des débuts de l'évènement. Vous les aviez oubliés, hein ? Les autres attendront mon réveil, plus tard dans la journée, pour être avertis par tous les moyens en ma possession...

 

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